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ENVIRONNEMENT

FUNGURUME : LE RAPPORT SUR LA POLLUTION RELANCE LE DÉBAT SUR LES IMPACTS SANITAIRES DE L’ACTIVITÉ MINIÈRE

Selon les résultats présentés par le consortium, les concentrations de SO₂ relevées à Manomapia ont atteint un pic de 0,7 ppm, soit environ 1 834 µg/m³ sur une moyenne glissante de dix minutes. Cette valeur dépasse le seuil de 500 µg/m³ retenu par les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour une exposition de courte durée.

L’enquête combine des données environnementales et sanitaires avec des témoignages recueillis auprès des populations. Le volet qualitatif repose sur 47 entretiens approfondis, tandis que le suivi quantitatif a concerné 209 participants. Les enquêteurs rapportent notamment des toux persistantes, des irritations oculaires, des saignements de nez ainsi que d’autres symptômes irritatifs plus fréquemment observés dans la zone de Manomapia que dans la zone témoin de Mutende.

Des conséquences qui dépassent la santé

Au-delà des symptômes physiques, le rapport évoque des répercussions socio-économiques sur les ménages. Certaines familles consacreraient une partie importante de leurs revenus à l’achat de médicaments ou au recours à des remèdes traditionnels pour soulager notamment les problèmes respiratoires des enfants. La corrosion des tôles et la détresse psychologique figurent également parmi les impacts rapportés.

Les témoignages recueillis font aussi état de maladies graves et de décès que certains habitants associent aux émissions industrielles. Ces affirmations demeurent toutefois des témoignages et ne permettent pas, à elles seules, d’établir un lien médical de causalité.

TFM conteste le lien avec les pathologies

TFM rejette les accusations établissant un rapport direct entre les symptômes décrits par les habitants et les activités de l’usine 30K. Selon l’entreprise, aucun lien de causalité direct ne peut être établi entre les pathologies rapportées et les émissions de l’installation. TFM indique également qu’aucun cas de maladie ou de décès attribué au SO₂ n’a été enregistré parmi les employés de l’usine 30K.

Face à ces positions divergentes, le consortium recommande notamment une inspection technique indépendante afin d’évaluer les émissions relevées et l’efficacité des dispositifs de filtration et de protection environnementale installés sur le site.

Le dossier remet ainsi au centre des préoccupations la question du suivi indépendant de la qualité de l’air autour des sites miniers et de la protection des communautés riveraines, dans un contexte d’intensification des activités industrielles dans le Lualaba.

Héritier Maila / Radio Okapi

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