RDC : l’épidémie d’Ebola s’étend à une sixième province et fait déjà 2 184 morts

L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo poursuit son expansion géographique. Désormais présente dans six provinces, elle a déjà causé 2 184 décès sur 4 665 cas confirmés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises. L’apparition d’un cas mortel dans le Bas-Uele fait craindre une nouvelle progression du virus dans le nord-est du pays.

Le Bas-Uele rejoint les provinces touchées

Le Bas-Uele est désormais officiellement la sixième province affectée par l’épidémie. Un patient décédé à Buta, chef-lieu de la province, avait auparavant voyagé depuis Isiro, dans le Haut-Uele, avant de succomber à la maladie.

Cette nouvelle situation inquiète particulièrement les autorités sanitaires, qui doivent désormais identifier et surveiller les personnes ayant été en contact avec le malade, avant et après son arrivée à Buta. Le déplacement du patient entre plusieurs localités constitue en effet un facteur de risque pour l’apparition de nouvelles chaînes de transmission.

Plus de 2 000 décès en quelques mois

Le dernier bilan disponible fait état de 4 665 cas confirmés, dont 2 184 décès, soit un taux de létalité de près de 46,8 %. Près de 965 personnes ont, par ailleurs, été déclarées guéries, tandis que plusieurs centaines de patients restent en isolement ou hospitalisés.

L’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée épidémique, avec la grande majorité des cas recensés. Le virus a également été détecté au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans le Haut-Uele, la Tshopo et désormais le Bas-Uele. Le Sud-Kivu présente toutefois une situation différente, avec une longue période sans nouveau cas confirmé.

Un défi sanitaire, mais aussi économique

Au-delà de l’urgence médicale, la progression d’Ebola représente un risque important pour les activités économiques dans les zones concernées. Les restrictions de mobilité, la surveillance des voyageurs, les difficultés d’accès à certaines zones et la pression exercée sur les infrastructures sanitaires peuvent perturber les échanges commerciaux et les déplacements des populations.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs régions affectées sont confrontées à des difficultés d’accès, à l’insécurité et à des mouvements importants de populations. Des travailleurs de santé ont également protesté contre des retards de paiement, compliquant davantage les efforts de riposte.

Une course contre la propagation

Cette nouvelle extension géographique intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé estime que l’épidémie actuelle figure parmi les flambées d’Ebola ayant connu la progression la plus rapide. Les autorités sanitaires doivent donc renforcer la surveillance épidémiologique, le traçage des contacts et la sensibilisation des communautés.

L’enjeu est désormais d’empêcher que le cas détecté dans le Bas-Uele ne donne naissance à une nouvelle chaîne de contamination. Dans un contexte marqué par les déplacements de populations et les fragilités du système de santé, la rapidité de la réponse demeure déterminante pour contenir le virus.

MB / COMMUNIQUE OFFICIEL

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