Une nouvelle occupation de la concession
Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, des exploitants illégaux auraient repris le contrôle d’une partie de la concession de Metalkol. Plusieurs sources sécuritaires évoquent le déploiement de nouvelles excavatrices et de dizaines de camions sur le site.
Des images consultées par le média font également état de la présence de ressortissants chinois travaillant sous la protection présumée de militaires des FARDC ou de la Garde républicaine. À l’échelle de l’ensemble des filiales d’ERG en RDC, les pertes liées à l’exploitation illégale sont estimées par plusieurs sources entre 7 et 9 milliards de dollars.
L’affaire de la coopérative Hosanna
Le dossier remonte à février, avec l’installation de la coopérative minière Hosanna dans une partie de la concession. Celle-ci avait obtenu une autorisation pour procéder au curage et à la dépollution de la rivière Musonoi et valoriser les métaux récupérés lors de ces travaux.
Le périmètre concerné se trouvant à l’intérieur d’un permis de Metalkol, cette autorisation avait suscité des interrogations sur les activités réellement menées sur le site. En mai, une mission de la Maison militaire et de l’Inspection générale des FARDC avait permis de déloger les occupants. Environ 145 engins lourds avaient alors été saisis ou placés sous scellés.
Le retrait de l’agrément
Le 10 août, le ministre des Mines, Louis Watum, a retiré à Hosanna son agrément de coopérative minière. La décision était notamment motivée par l’utilisation d’engins industriels, notamment des pelles, chargeuses et camions, jugés incompatibles avec le caractère artisanal de l’exploitation.
Le même jour, le ministre a demandé à Metalkol de prendre, dans un délai de 45 jours, des mesures urgentes pour dépolluer la rivière Musonoi. Des analyses réalisées par des experts du CEEC avaient fait état d’un risque sanitaire pour les populations environnantes.
Des hommes armés signalés sur le site
La situation aurait de nouveau dégénéré le 21 août. Dans une correspondance adressée au ministre des Mines, le directeur général de Metalkol, Didier Nzati, a signalé l’intrusion d’hommes armés en tenue des FARDC ainsi que de personnes présentées comme étant d’apparence chinoise.
Selon cette correspondance, ces individus auraient interrompu les activités de Metalkol et enlevé neuf employés d’une société sous-traitante. Cette situation est intervenue alors que le président Félix Tshisekedi avait, lors du Conseil des ministres du 10 juillet, instruit de mettre fin à la présence illégale des forces armées dans les sites miniers.
La piste de Chengtun Congo Resources
Depuis cette nouvelle intrusion, plusieurs sources sécuritaires font état d’une perte de contrôle d’une partie de la concession. Environ cinquante camions chargés de minerais transiteraient quotidiennement depuis le site, sans que leur destination exacte soit établie.
Dans une correspondance adressée le 14 septembre à l’ambassade de Chine en RDC, Metalkol a évoqué des éléments susceptibles de démontrer que Chengtun Congo Resources (CCR) aurait reçu et traité des minerais provenant de l’exploitation illégale de sa concession. L’entreprise chinoise conteste ces accusations et affirme que les stocks de matériaux situés près de son usine ont été déposés par des tiers sur un terrain qui ne lui appartient pas.
Le dossier reste ainsi ouvert, alors que Metalkol cherche à récupérer le contrôle de l’ensemble de sa concession et que les autorités congolaises sont confrontées à la persistance de l’exploitation minière illégale dans cette zone stratégique du Lualaba.
Héritier Maila / AFP


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