Une mortalité inhabituelle qui interpelle
La mort de milliers de poissons dans la rivière Lubumbashi soulève des interrogations sur l’état de l’environnement dans la capitale économique du Haut-Katanga. Le phénomène, signalé dans le quartier Mampala en septembre 2026, a été porté devant l’Assemblée provinciale, où le député Julien Kasenya a présenté une motion d’information lors de la plénière du jeudi 8 octobre.
L’élu a attiré l’attention sur les conséquences potentielles de cet incident, notamment pour les populations qui fréquentent les abords de la rivière et consomment des produits susceptibles d’avoir été exposés à une contamination. Il a plaidé pour la mise en place d’une commission parlementaire chargée de collaborer avec les services publics compétents afin de déterminer les causes de cette mortalité.
Les activités minières au cœur des interrogations
L’Observatoire congolais pour la promotion et la défense des droits de l’homme (OCPDH) a également alerté sur la situation dans un communiqué adressé au ministre provincial de l’Environnement.
Selon cette organisation, de nombreux poissons, principalement des silures, ont été retrouvés morts dans la nuit du 14 au 15 septembre 2026, au niveau du boulevard Katuba. L’OCPDH affirme que des habitants, notamment des femmes et des enfants, ont ramassé ces poissons pendant deux jours, faisant craindre leur consommation ou leur commercialisation.
L’organisation évoque l’hypothèse d’une pollution par des substances toxiques potentiellement liées aux activités minières. Cette piste reste toutefois à vérifier. En l’absence de résultats d’analyses scientifiques rendus publics, aucune origine précise ne peut être établie et aucune entreprise ne peut être formellement mise en cause.
Des analyses attendues pour établir les responsabilités
Au-delà de la recherche des causes, cet épisode pose la question de la surveillance environnementale des cours d’eau et de la prévention des risques sanitaires dans une région marquée par l’intensité des activités minières.
L’OCPDH réclame des enquêtes, des analyses en laboratoire et des mesures urgentes pour protéger les populations des communes de Katuba, Kenya et Lubumbashi. L’organisation déplore également l’insuffisance des mesures destinées à empêcher la récupération et la consommation des poissons retrouvés morts.
Les analyses de l’eau et des poissons permettraient notamment de rechercher d’éventuels contaminants et de déterminer si la mortalité observée résulte d’une pollution chimique ou d’un autre phénomène. Leurs résultats seraient essentiels pour orienter les mesures de protection et, le cas échéant, établir les responsabilités.
Un enjeu environnemental et économique
La Constitution de la République démocratique du Congo reconnaît le droit à un environnement sain et prévoit des obligations en matière de protection de celui-ci. Le Code minier encadre également les responsabilités environnementales des opérateurs du secteur.
Si une contamination liée à une activité économique était confirmée, l’identification de sa source et l’établissement des responsabilités constitueraient des étapes déterminantes pour l’application des dispositions légales pertinentes.
Pour les autorités provinciales, l’urgence consiste désormais à faire la lumière sur cet incident, à communiquer les résultats des investigations et à prévenir toute exposition de la population à des produits potentiellement contaminés. Dans une province où les activités minières occupent une place importante, la protection des ressources en eau demeure un enjeu majeur de santé publique et de gouvernance environnementale.
Héritier Maila / Demester Maloba


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